En 1899, un français découvrait le Rakugo

  le Français Jules Adam, premier secrétaire de la délégation française, était tout particulièrement intéressé par les rakugoka dont il disait qu’ils étaient « une classe d’artistes curieux et remarquables », rapportant que les yose tenaient « une place prépondérante dans l’existence des Japonais ».

Dans le livre qu’il écrivit en français au sujet du rakugo, et dont les citations précédentes sont tirées21,

Adam mentionne effectivement Henry Black, pour lequel il éprouvait une véritable fascination :

«J’avais été hanté depuis longtemps par le désir secret de faire connaissance avec ce phénomène, ce dilettante ou ce marginal – je ne sais comment le décrire – à l’égard duquel je nourrissais une admiration étrange mélangée à de la sympathie et de la curiosité. Je voulais lui poser des questions, l’étudier, tourner une à une les pages de sa vie, comme l’on ferait avec un livre ou autre document ».

Un jour, Adam séjourna dans une auberge, dans la source thermale d’Ikaho au nord de Tōkyō, où Black était passé la veille. L’aubergiste étant incapable de lui dire où Black s’en était allé, Adam fut très déçu. Mais quelques mois plus tard, à Kōbe,  Adam remarqua que Black donnait une représentation dans un théâtre de la ville.

  • 22Ibid., p. 21-22.

«J’entrai et eus la chance de l’entendre pour la première fois. J’étais époustouflé. La salle tremblait encore des applaudissements du public quand soudain il quitta la scène. Je me hâtai au-dehors, pressé de me présenter à lui et de le féliciter, mais il était déjà parti. Sautant dans une jinrikisha, je me rendis alors à son hôtel, ayant réussi à me procurer son adresse. Hélas ! L’oiseau s’était déjà envolé. Il avait attrapé le train de minuit pour se rendre à un rendez-vous dans une importante ville du Sud »22.

in « Les raconteurs publics au Japon », Jules Adam, Traduit et adapté par Ian Mac Arthur. « Le rakugo et Henry Black », Cipango [En ligne], 20 | 2013, mis en ligne le 16 avril 2015, consulté le 19 avril 2018. URL : http://journals.openedition.org/cipango/1990 ; DOI : 10.4000/cipango.1990